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Thaïlande

Entre jungle ancestrale et temples dorés, d’une mer de jade aux rizières en terrasses, la Thaïlande se donne au visiteur dans une générosité rare. Mais c’est son peuple qui est son bien le plus précieux.

Temple du bouddhisme dans le nord de la Thaïlande

L’ancien royaume de Siam est de ces destinations qui se propagent sur les lèvres de chacun avant même d'y poser le pied. Une réputation construite sur des décennies de tourisme intense qui a su, non sans efforts, préserver l'essentiel : une identité culturelle d'une profondeur saisissante, une biodiversité terrestre et marine d'exception, et une hospitalité sincère qui touche en plein cœur. 

Pour le voyageur étranger, le pays présente une dualité de surface. D’abord les plages bondées de Phuket et de Koh Samui, ou encore la vie trépidante de Bangkok, en cartes postales mondialisées que l'on reconnaît sans y être allé.

 

Puis la Thaïlande que l'on découvre en prenant le temps de remonter vers le Nord, longer les frontières birmane et laotienne, expérimenter l’Isaan et la région Est et s'aventurer dans les parcs naturels et les villages de montagne où vivent encore, fièrement, les peuples des collines.

L’arrivée à Bangkok

Bangkok, ou Krung Thep de son vrai nom, est une capitale qui ne ressemble à aucune autre. Tentaculaire, bruyante, imprévisible, elle impacte le visiteur dès l'atterrissage et ne le lâche jamais vraiment. Aussi double que le pays, elle présente une facette ultra-moderne avec ses malls gigantesques, ses gratte-ciels vertigineux, ses vastes avenues où la vie roule à cent à l'heure. En parallèle, via le hasard d'une vagabonderie dans une ruelle adjacente, on trouve une existence plus calme et comme arrêtée dans un autre temps, entre antiques maisons de bois et rythme calme et silencieux d'une bourgade de province.

 

Le long des klongs, ces canaux qui irriguent encore certains quartiers comme Thonburi, Bangkok vit à une cadence que les métros ultrarapides et autres artères saturées de la ville semblent ignorer : marchands en barque, maisons sur pilotis, temples discrets nichés entre deux immeubles. C'est pourquoi il fait bon vadrouiller à pied dans la capitale pour se laisser surprendre par ses multiples visages et ce dès le matin, pour bénéficier des couleurs splendides qui révèlent la capitale.

 

Le Wat Pho et son Bouddha couché de 46 mètres, le Wat Arun qui capte la lumière du soir depuis la rive opposée du Chao Phraya, le Grand Palais et son enceinte dorée constituent le coeur historique de la cité, que l'on parcourt idéalement tôt le matin, avant que la chaleur et la foule ne s'installent.

Mais Bangkok, c’est aussi Chinatown et ses ruelles olfactives, le quartier de Banglamphu et ses librairies d'occasion, les marchés flottants de Damnoen Saduak accessibles à l'aube, ou encore celui de Chatuchak, en fin de semaine, l'un des plus grands marchés en plein air au monde, où l'on se perd avec plaisir pendant des heures.

 

La capitale thaïe se vit autant la nuit que le jour, dans une énergie qui ne faiblit jamais vraiment, portée par une vitalité de chaque instant, des activités pour tous les goûts et toutes les humeurs, ainsi qu'une offre culinaire de rue parmi les plus inventives d'Asie.

L'Est, de Bangkok au Cambodge

En quittant Bangkok vers l'est, la côte du golfe de Thaïlande se dévoile progressivement, bien loin de l'image que l'on en a parfois. Pattaya, souvent pointée du doigt pour son activité nocturne débordante et excessive, abrite aussi une marina animée, un jardin botanique exceptionnel, le remarquable Sanctuary of Truth -temple de bois construit sur la plage-, des îles accessibles en ferry et un arrière-pays de vergers et de vignobles surprenants.

 

Plus loin, Koh Samet, parc national insulaire à deux heures de la capitale, offre des plages de sable blanc d'un grain remarquablement fin, dans un cadre encore à taille humaine. 

À l'extrémité de la côte, Trat, accessible en avion depuis Bangkok, est le point de départ vers le petit archipel préservé de Koh Chang, Koh Kood et Koh Mak, posé aux portes du Cambodge. Koh Chang, 3e plus grande île du pays, a été reconnue à plusieurs occasions une des plus belles îles tropicales au monde. Recouverte d'une forêt de pluie sur la quasi totalité de son territoire, elle est partie intégrante depuis 1982 d'un parc national, statut qui la protège de développements trop ambitieux. La moitié est de l'île est ainsi complètement délaissée des visiteurs, thaïs comme étrangers, ce qui est en fait le lieu de villégiature idéal pour les amateurs de silence et de calme.

 

Ce chapelet d'îles ravit les amateurs d’un tourisme plus thailandais, paisible et lent. Koh Kood en particulier, peu fréquentée, conserve une mangrove dense, des cascades et une eau d'une transparence rare, mais est aussi fière d'héberger aucune fête, zéro 7/11, et de maintenir ainsi son exception culturelle.

Image de John Thomas

​L'Isaan, l'âme rurale du pays

Le plateau de l'Isaan, vaste région du Nord-Est qui s'étire jusqu'au Mékong et aux frontières laotienne et cambodgienne, est sans doute la partie paradoxalement la plus vaste, méconnue et la plus authentique du pays.

 

Ici, pas de plages et peu de temples clinquants : des rizières à perte de vue, des villages où le temps s'écoule selon les saisons agricoles, des buffles d’eau qui paissent au rythme des saisons, une cuisine plus épicée et plus franche que partout ailleurs, et une population d'une générosité tranquille, peu habituée aux voyageurs étrangers. 

Le parc national de Phu Kradueng, avec ses falaises, ses forêts de pins et ses prairies d'altitude, est l'un des plus beaux espaces naturels du pays, encore confidentiel. Attention à prendre en compte qu’il est fermé pendant la saison des pluies, afin de laisser la faune se reproduire sans distraction.

 

Le long du Mékong, les villes de Nong Khai et de Mukdahan permettent de longer le fleuve dans une atmosphère de bout du monde, face aux collines laotiennes qui se reflètent dans l'eau au coucher du soleil. Nong Khai est également le point de départ du pont de l'Amitié, qui relie la Thaïlande au Laos, pour ceux qui souhaitent prolonger leur voyage de l'autre côté du fleuve.

Le Nord et ses trésors

Avec Ayutthaya, ancienne capitale du royaume, située à 80 km de Bangkok, on part à la rencontre de l'ancienne Siam, à travers un parc archéologique éblouissant pour les amateurs d'histoire. On prend le train (à réserver bien en amont) pour rallier Chiang Mai, la porte d'entrée naturelle du Nord thaïlandai. C'est une des cités les plus attachantes du pays, particulièrement prisée des Français.

 

Cernée de montagnes et de forêts, elle abrite plus de trois cents temples dont le majestueux Doi Suthep, perché à 1 000 mètres d'altitude, que l'on atteint après avoir gravi les 309 marches d'un escalier gardé par deux nagas, les serpents mythiques de la cosmologie bouddhiste. La ville vibre d'un artisanat vivant, d'une scène culinaire remarquable et d'un marché nocturne qui se réinvente chaque semaine.

Depuis Chiang Mai, on rayonne vers Chiang Rai et son fantasmagorique Wat Rong Khun, le Temple Blanc, ou vers le Triangle d'Or, ce carrefour historique entre Thaïlande, Laos et Myanmar où le Mékong serpente entre les collines dans une brume douce.

 

Dans les environs, les villages des tribus Karen, Akha ou Lahu accueillent le visiteur dans le cadre d'un tourisme communautaire qui participe à une économie circulaire vertueuse.

Le Sud et ses archipels

Le Sud thaïlandais déroule une succession d'îles et de péninsules entre mer d'Andaman et golfe de Thaïlande, deux atmosphères distinctes, deux palettes de bleus.

 

Côté Andaman, Phuket et Krabi attirent le plus gros des troupes grâce à leurs plages sublimes et autres paysages fantasmagoriques. C'est la destination idéale pour les voyageurs qui veulent faire la fête, retrouver une sens d'entre-soi avec une population importante d'Européens, touristes et expatriés, et les commodités qui vont avec. Koh Lanta et les îles Trang offrent quant à elles des plages encore préservées, une cadence plus douce et une plongée de premier ordre au milieu de requins-léopards, raies mantas et tortues marines.

Côté golfe, auprès de la populeuse Koh Samui, et sa voisine Koh Phangan, plus familiale hors période de full moon, Koh Tao reste la destination de référence pour passer son brevet de plongée dans des eaux chaudes et clémentes.

La Thaïlande a engagé depuis quelques années une politique de fermeture temporaire de certains sites naturels pour permettre leur régénération. Maya Bay, rendue célèbre par le film La Plage, en est l'exemple le plus emblématique, signe d'une prise de conscience réelle qui change progressivement la physionomie du tourisme dans la région.

Image de Karl Moore

Les parcs naturels

Le parc national de Doi Inthanon, point culminant du pays à 2 565 mètres, offre des randonnées dans une forêt brumeuse peuplée de plus de 360 espèces d'oiseaux, ce qui en fait l'un des sites d'ornithologie les plus courus d'Asie.

 

Le parc national de Khao Sok, dans la province Sud de Surat Thani, est l'un des plus anciens écosystèmes de forêt tropicale humide du globe. Gibbons, gaurs et la spectaculaire rafflesia, la plus grande fleur du monde, y cohabitent dans un environnement resté largement intact.

 

Le parc de Khao Yai, à 180 km de Bangkok, est le lieu où rencontrer le plus aisément une faune locale impressionnante dont de nombreux macaques, ours noirs ou encore éléphants sauvages. C’est sans doute le seul endroit où les voir comme il se doit : libres, dans leur habitat, indifférents au visiteur silencieux qui les observe à distance respectueuse.

En règle générale, la saison des pluies, de juin à octobre, mérite d'être considérée : végétation exubérante, fréquentation moindre, tarifs plus doux. Pour qui apprécie le temps long et la rencontre, c'est souvent la meilleure saison. 

Cuisine

La gastronomie thaïlandaise est l'une des plus complexes et des plus équilibrées d'Asie du Sud-Est. Elle se découvre dans les marchés du matin, les gargotes familiales en bord de route, les soupes de nouilles avalées debout à l'aube. Les plus aventureux se laisseront tenter par les insectes grillés, les œufs de fourmis et autres larves plus ou moins appétissantes selon les estomacs.

 

Chaque région possède ses spécialités : le khao soi, curry de nouilles au lait de coco du Nord, les fruits de mer du Sud, le som tam, salade de papaye verte pimentée, que l'on trouve dans tout le pays. La nourriture étant au cœur de l’hospitalité et du quotidien des Thaïlandais, c'est une cuisine vivante, ancrée dans le quotidien, que l'on n’hésitera pas à partager naturellement avec le tout venant.

Vivre avec les Thaïlandais

Le bouddhisme theravada imprègne chaque aspect de la vie quotidienne, et ses lieux de culte se visitent dans le silence et avec la discrétion qui leur est due : épaules et genoux couverts, chaussures retirées au seuil. C'est aussi cette philosophie qui rend les Thaïlandais si accueillants et prompts à rendre service de manière désintéressée.

En règle générale, on évite de parler fort, s'énerver ou jurer, c'est considéré comme un comportement agressif qui ferme le dialogue. Pour avoir de bons rapports avec les habitants et pourquoi pas nouer des liens, il faudra distinguer leur allure blagueuse et désinvolte et l'importance du sacré dans leurs coutumes : religion, politesse et monarchie.

 

La monarchie occupe une place centrale et profondément respectée dans la société thaïlandaise, ce que l'on comprend assez vite en observant la vie du pays. C'est moins une contrainte qu'une clé de lecture pour mieux saisir ce qui fait tenir ensemble la population et sa culture.

 

Le peuple thaïlandais est généralement ouvert et tolérant envers les autres cultures tant qu’elles respectent la sienne. C’est autour d’un verre ou d’un repas -leur moment préféré de la journée- que l’on fera plus sûrement connaissance avec ses habitants de la manière la plus décontractée. 

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